Groupe Bordeaux en luttes - Novembre/décembre 2022

De crise en crise, il faudra bien oser mener une politique de gauche, contre les logiques capitalistes.

Depuis quelques mois, les prix augmentent partout et considérablement. Ça touche notamment l'alimentation et ces derniers temps les inquiétudes se portent sur le tarif des énergies, gaz et électricité. Au point que les collectivités territoriales crient à la catastrophe budgétaire.

Après les crises sanitaire, climatique et en plus de la vieille crise économique qui dure depuis des décennies, voilà une nouvelle étape dans la folie du système économique capitaliste. C'est inquiétant, surtout pour les milieux les plus modestes, déjà bien touchés par les difficultés du quotidien, déjà quasiment ingérables.

Or ces crises ne font pas que des malheureux. Elles enrichissent les plus riches et les possédants au détriment des plus pauvres. Elles aggravent ainsi toujours plus les inégalités sociales. Ça peut paraitre bizarre et pourtant c'est ce qui caractérise toutes ces crises. 

Il n'y a pas de fatalité, certes il y a des vrais virus, de vraies guerres, des canicules et des sécheresses. Mais derrière, les conséquences catastrophiques des crises sont finalement surtout celles d'une société même plus capable de protéger les populations et la planète.

On s'aperçoit pour chaque crise, à chaque étape de ces crises, qu'il n'y a plus les structures publiques pour répondre aux besoins collectifs, il n'y a pas ou il n'y plus les services publics (même si cela n'a jamais été parfait) de santé, du logement, des transports, de l'alimentation, de l'énergie qui devraient garantir l'accès aux besoins vitaux.

À la place ou au contraire, il y a eu la marchandisation, les privatisations, la casse du secteur public, le triomphe du libéralisme, de la compétitivité, des spéculations boursière, immobilière et sur les prix, même des produits de première nécessité. Le triomphe brutal du capital et des classes dominantes égoïstes.

Alors la mairie, la métropole, le département, la région, la gauche au pouvoir dans les collectivités territoriales s'insurgent et exigent un plan d'urgence de la part du gouvernement. Oui, des réponses sont nécessaires et urgentes. Et oui, il est "nécessaire de tirer les leçons de cette crise", et des autres d'ailleurs. À savoir qu'il est grand temps de réfléchir à une rupture politique, à combattre les logiques libérales pour développer les services publics partout, pour reprendre au privé le contrôle de l'économie, pour se donner les moyens d'une véritable politique sociale, écologique et démocratique.

C'est pourtant exactement ce que la gauche bordelaise (et ailleurs) ne fait pas. Car tout ne dépend pas de l'État. Pourquoi les collectivités locales ne le feraient-elles pas ou ne tenteraient pas ce que l'État ne fait pas ? Cela signifierait de réorienter radicalement le budget pour soulager les gens, a minima en garantissant l'accès gratuit ou presque à tous les besoins vitaux. 

En osant mener une politique de gauche, ce pourquoi a priori la mairie avait été élue.